LE COSTA RICA d'AUTREFOIS EN IMAGES
Cacao, noix de coco et ananas : l’histoire, la culture, les hommes...

        Le cacao (mot provenant du nahuatl *) est produit par une transformation de la « fève » du cacaoyer, un arbre de taille moyenne (jusqu’à 3 mètres), originaire du Mexique et d’Amérique centrale.
Les populations amérindiennes (Mayas et Aztèques), utilisaient les fèves comme monnaie d’échange mais aussi comme durée alimentaire.
Au Costa Rica, l’usage des fèves de cacao comme monnaie d’échange a été institutionnalisée pour l’obtention des biens de consommation immédiate comme les denrées alimentaires dans ce qui était à l’époque « la province de Costa Rica » en 1709. Il existait déjà dans les communautés indiennes du fait de son importance politico-religieuse. Cependant seuls les communautés Miskito du Nicaragua l’utilisaient réellement comme monnaie au sens où nous l’entendons : pour l’acquisition de biens. Au moment de la période coloniale l’idée a été reprise par le pouvoir de la Couronne espagnole en raison de la très faible circulation de monnaie d’or ou d’argent et parce qu’il n’existait pas de sceau permettant de frapper les monnaies dans l’isthme.

Montée au cocotier…
Carte Postale colorisée années 1930.
Des tables de conversions cacao / monnaie d’argent étaient utilisées, mais les fluctuations constantes du « cours de la monnaie cacao » et la fragilité de la fève de cacao qui est une denrée périssable ont rendu assez rapidement ce mode commercial difficile à maintenir.L’usage du cacao comme monnaie d’échange a été interdit à la fin du XVIIIº siècle. En revanche, son utilisation pour le troc a continué pendant une grande partie du XIXº siècle, en raison de son importance alimentaire et commerciale.
La monétisation de l’économie costaricienne s’est accélérée avec le développement du café et l’apogée économique qui a suivi à partir des années 1830, permettant l’utilisation chaque fois plus répandue de la monnaie dans les échanges commerciaux et l’augmentation du travail salarié.

Au Costa Rica les ethnies amérindiennes cultivaient les cacaoyers dans les basses terres (là ou l’arbre pousse naturellement) des côtes Pacifique (les Borucas et les Guaymies ) et Caraïbe (les Bribris). De nos jours seules restent quelques plantations exploitées notamment dans la région de Bribri. Les arbres ont une maladie (un champignon) appelé « moniliasis » qui a comme particularité de réduire la production de « cabosse » (le fruit du cacaoyer), en nécrosant ces dernières sans toutefois affecter la qualité des rares fèves produites …

* Nahuatl :
groupe de langues amérindiennes apparentées aux Aztèques. Le Nahuatl est encore parlé de nos jours du Mexique à El salvador.



La noix de coco est le fruit du cocotier (Cocos nucifera), palmier originaires des îles du Pacifique et Indo-Malaisiennes, acclimaté dans la plupart des régions tropicales. Au Costa Rica son habitat est les côtes Atlantique et Pacifique. Il est évoqué pour la première fois au Costa Rica et au Panama en 1514 par Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés,
Au 18 et 19e siècle au Costa Rica sa culture est attestée (sans dates précises cependant), dans la deuxième moitié du XIXº siècle, spécialement avec 2 espèces : la « géante du Pacifique » et la « géante de l’Atlantique ». Les parcelles dédiées à la culture se développaient de façon désordonnées et sans contrôle. Avec d’autres espèces et de « cultivars* » introduits dans les années 40, par la United Fruit Company dans la région panaméenne de Bocas del Coco, le coco s’est encore plus disséminé sur le territoire costaricien.
Dans les années 80, la Corporation Bananière National (CORBANA) a établi un programme d’hybridation dans le but d’améliorer et systématiser la culture, essentiellement dans la province caraïbe de Limon.
Pendant très longtemps, les plantations de coco représentaient une source supplémentaire de revenus pour les familles vivant dans des régions éloignées, d’accès difficile et d’où on ne pouvait sortir le produit que par voie fluviale.
On continue aujourd’hui à en produire, mais surtout pour en tirer des produits dérivés.
Les populations en récoltent les noix pour en extraire le lait (de coco), et la chair pour s’en alimenter. Sur le bord des routes, de nos jours de petits vendeurs proposent aux automobilistes ces produits sous les deux formes, ainsi que la noix entière.
L’huile extraite de la noix de coco est utilisée dans les cosmétiques, le coprah (enveloppe fibreuse de la noix), est utilisé dans l’industrie : tapis brosse, balais, carpettes, revêtement de mobilier…De nos jours la production de noix de coco est principalement pour la consommation locale, mais on l’exporte également aux Etats-Unis, en Espagne, en Italie, en, Allemagne et aux Pays Bas, sous forme râpée ou en composants d’huile de bronzage. On l’utilise en aromathérapie.

* cultivar : variété plante obtenue en culture, généralement par sélection, pour ses qualités gustatives et de rendement.



L‘ananas * est le fruit de la plante du même nom. Originaire du Brésil, l’ananas (Ananas comosus), est de la famille des Bromélias. Les principales zones de culture au Costa Rica sont le centre nord, (région de Puerto Viejo de Sarapiqui), le centre sud, (région de San Isidro de El General), et Buenos Aires, dans la région du Pacifique sud. Sa culture a été introduite au Costa Rica dès les premiers temps de la conquête espagnole. On la mentionne cultivée par les Indiens Huetares de Tucurrique, au XVIº siècle (région d’Orosi). Mais c’est à partir des années 30, avec l’implantation de cultivars (espèces hybrides) sans épine et de meilleure saveur que la production d’ananas a vraiment commencé à se développer.
L’ananas est devenu le troisième poste économique derrière le tourisme et la banane. Le Costa Rica est le premier producteur en Amérique centrale, (avec 36 % des exportations totales), le Costa Rica est aussi le premier fournisseur de l’Union Européenne et le seul pays d’Amérique Latine à produire des ananas bios. Le Costa Rica est le 7e exportateur mondial d’ananas.

* Ananas :
en français on prononce ou pas le « s » final.
Deux étymologies s’affrontent :
- 1° : le mot « ananas » viendrait selon Wikipédia ® de l’amérindien « tupi-guarani » naná naná qui signifierait « le parfum des parfums ».
- 2° : cette version ayant notre préférence. « Ananas » est un nom d'origine amérindienne, qui vient des Antilles, notamment d’Haïti. Selon Moïse Bertoni (1), ce nom est guarani, peuple qui a vécu sur l'île de Saint-Domingue. Ananas vient du guarani ananá composé de : á = fruit + naná = excellemment. Bertoni note que le terme abrégé naná est plus répandu. La première citation en français date de 1544 sous la forme : amanat (Cosmographie, de Jean Fonteneau alias Jean Alfonse)
En 1555, une lettre de Nicola Durand de Villegagnon (2) : « Oultre il y a deux sortes de fruicts merveilleusement bons : l'un qu'ils appellent Nana »…
En 1578, Jean de Léry (2) écrit : « Semblablement la figure du fruict qu'ils nomment Ananas »…

1 - Moïse Santiago Bertoni (1857-1929) savant botaniste ethnologue et naturaliste d'origine Suisse italienne qui fut surnommé, au Paraguay, le sage.

2 - Villegagnon (1510-1571) et Léry (1536-1613) ont tenté de fonder une colonie française nommée « France-Antarctique » dans la baie de Rio de Janeiro.

Décorticage du cacao.
Carte Postale colorisée années 1910.
Séchage des fèves de cacao au soleil. Carte Postale colorisée années 1910.
Cueillette des cabosses de cacao. Carte Postale colorisée années 1910.

Cocotiers aux environs de Limón.
Carte Postale colorisée années 1910.
Plantation d’ananas et de citrons de la United Fruit Compagny*.
Carte Postale colorisée années 1910.
Fruits costariciens : ananas, bananes, noix de coco, pommes cajou **, mangues…
Carte Postale colorisée années 1910.
* United Fruit Compagny : grande société nord-américaine qui exploitait principalement la banane a été associée en 1901 à l’administration de la ligne de chemin de fer San José – Puerto Limón.

** Pomme cajou (ou pomme de cajou), originaire du Brésil, le « fruit » de l’anacardier (Anacardium occidentale) est comestible (saveur acidulée et âpre), son amande (en fait le « vrai » fruit) est elle aussi (et surtout) comestible, ont la consomme soit grillée et salée (à l’apéritif), soit nature (notamment en pâtisserie).


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Mise à jour : juillet 2009

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