Les
autres pays d’Amérique centrale
Il
semblerait que pour El Salvador, le Guatemala, et le Honduras
les surnoms aient commencé à être utilisés
après la conquête, au moment des premiers latifundios*,
pour bien distinguer les créoles** et les ladinos***
qui travaillaient pour les propriétaires blancs. De
nos jours, ces surnoms sont employés par les populations
elles-mêmes et n’ont plus leur coté péjoratif,
au contraire c’est avec une certaine fierté que
les citoyens d’Amérique centrale disent facilement
« nosotros los chapines » (nous les Chapines),
« nosotros los nicas » (nous les Nicas), «
nosotros los ticos » (nous les Ticos)…Ces termes
ne sont pas utilisés en diplomatie.
*Latifundio
:ce sont les premières grandes propriétés
agricoles, de nos jours elles sont plus connues sous le nom
d’«hacienda » consacrée à
l’élevage, ou de « finca » consacrée
à l’agriculture.
**Créole
: (de l’espagnol criollo). De nos jours : personne
d’apparence européenne née dans les anciennes
colonies européennes. Au fil de l’histoire la
signification de « créole » a évolué.
"Créoles" désignait en premier lieu
les enfants blancs dont les parents avaient émigré
vers la colonie. Dans la plupart des colonies, les Blancs
ont introduit des esclaves de couleur pour combler un manque
de main-d’œuvre. Et quand les enfants des esclaves
sont nés, on les appelait également les "Créoles".
La langue qui était utilisée entre le patron
blanc et l'employé de couleur s'appelait aussi le "créole".
C'est ainsi que le mot "créole" a fini par
signifier tout ce qui a été produit aux colonies.
***ladino
: au féminin : ladina. Dans ce contexte, indien
ou métis parlant espagnol. Deuxième sens : rusé,
malin, finaud, matois….
BELIZE : à
notre connaissance pas de surnom pour désigner les
Béliziens.
El
SALVADOR : le surnom pour désigner
les Salvadoriens au masculin est « Guanaco*
», au masculin pluriel « Guanacos
», au féminin « Guanaca
», au féminin pluriel « Guanacas
». Certaines sources (qui ne sont pas franchement contradictoires)
évoquent l’aspect particulièrement travailleur
et tenace des Salvadoriens tout comme les guanacos qui étaient
employés dans des travaux difficiles…c'est l'équivalent
de notre expression « travailler comme une mule »…
les Salvadoriens ayant (comme c'est encore le cas de nos jours),
la réputation d’être très travailleurs.
D'autres sources expliquent que ce surnom viendrait (fort
étrangement) de missionnaires chiliens en visite en
El Salvador, (certaines sources parlent des planteurs chiliens
de café) qui ont comparé les Salvadoriens (personnes
de nature curieuse, gaie et conviviale…) aux sympathiques
guanacos* qui vivent dans les Andes et la Pampa chiliennes…Entre
eux, les Salvadoriens s’appellent également «Cuscatlecos»,
de la vallée de Cuscatlan où se situe San Salvador
la capitale du pays.
* Guanaco : (du
quechua) petit mammifère sauvage ruminant,vivant en
Amérique du Sud (dans les Andes) ancêtre probable
des lamas domestiques.
GUATEMALA
:
le surnom pour désigner les Guatémaltèques
est au masculin singulier « Chapin
», au masculin pluriel
« Chapines », au féminin
« Chapina », au féminin
pluriel « Chapinas ». Ce surnom
vient de l’usage caractéristique du port de chapines*
par les guatémaltèques.
*
Les chapines sont des sortes de sandales
utilisées par les Mayas à l’époque
précolombienne. La particularité de ces sandales
est de posséder un renforcement qui épouse et
protège le talon. L’usage des ces sandales s’est
progressivement perdu de nos jours, à l’exception
des habitants du village de San Juan Atitan (dans Les Cuchumatanes).
HONDURAS
: le surnom pour désigner les Honduriens
au masculin singulier est « Catracho
» au pluriel « Catrachos » au féminin
singulier « Catracha », au féminin
pluriel « Catrachas ». Ce surnom
vient du nom d’un général (le général
Florencio XATRUCH*) dont les troupes affrontaient celles de
l’aventurier américain
William Walker**. Dans le milieu des années 1800, les
troupes de XATRUCH afin de se donner du « cœur
au ventre » scandaient avant les attaques le nom du
fameux général… « vienen los Xatruches»,
(les hommes de XATRUCH arrivent !), puis déformé
avec un défaut de prononciation en “los catruches”
et finalement qui a fini par donner phonétiquement:
… « catracho ». Après ces combats
héroïques, le nom de Catrachos est resté
pour désigner les Honduriens…
*Florencio XATRUCH : né le 21 octobre
1811 à San Antonio de Oriente au Honduras – Mort
dans sa 83e année le 15 février 1893 à
Managua au Nicaragua. Militaire à la brillante carrière,
Xatruch, s’est notamment illustré dans sa lutte
contre Walker. Il a été vice-Président
du Honduras en 1864. A noter que Florencio XATRUCH VILLAGRA
(de son nom complet) avait un frère, Pedro XATRUCH
VILLAGRA, lui aussi général.
Pour en savoir plus : Florencio
Xatruch
**William WALKER
: né le 8 mai 1824 à Nashville dans
l’Etat du Tennessee aux Etats-Unis d’Amérique
– Mort fusillé au Honduras le 12 septembre 1860.
Walker a tenté de conquérir par la force armée
le Nicaragua, le Costa Rica et le Honduras. Voir aussi le
chapitre «
Histoire ».
Pour en savoir plus : William
Walker
NICARAGUA
:
le surnom pour désigner les Nicaraguayens est «
Nica » au masculin comme au féminin, au pluriel
« Nicas ». L’explication est simple, c’est
le diminutif du nom du pays qui est employé. A noter
qu’il arrive que l’on désigne aussi les
Nicaraguayens par un autre surnom : « Pinolero »
au pluriel « Pinoleros » ; de pinol*.
*Pinol
: sorte de jus ou bouillie de maïs…un
buveur / mangeur de pinol est un pinolero…Le pinol se
prépare aussi parfois
avec du cacao et de la cannelle ; dans ce cas le nom du breuvage
est : « pinolillo ». Le pinol et le pinolillo
sont préparés et consommés sur tous les
marchés du Nicaragua...
Pour
en savoir plus : Nicaragua
PANAMA
: le surnom pour désigner les Panaméens
est « Canalero ». En fait ce
surnom n’est guère employé pour les natifs
du Panama, mais pour le pays lui-même qui est nommé
« el pais canalero » «
le pays du Canal ». Ce surnom vient
bien évidemment du nom du fameux canal…de Panama…Le
diminutif au masculin et au féminin « Pana
» au pluriel « Panas »
est aussi parfois employé pour désigner les
Panaméens.
Gringo
: voir
les explications pour ce surnom
Un
grand merci à Jean-Luc Braconnier
(notre relais au Guatemala), à Béatrice
Passot (notre documentaliste) et à Pierre
Gédéon (directeur de notre filiale
au Nicaragua) pour leur aide précieuse dans la rédaction
de ce sujet. |